Historique: les Oscars sacrent enfin un cinéaste noir : "12 Years a Slave

Envoyer
Imprimer Commentaires - Ajouter0 1032 Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police
#####
 

C’est la première fois de l’histoire qu’un film réalisé par un cinéaste noir, Steve McQueen, remporte la statuette la plus convoitée de la soirée. L'Oscar du meilleur film a été décerné à 12 Years a Slave, du Britannique Steve McQueen. Son film sur l'esclavage a reçu deux autres récompenses : meilleur second rôle féminin pour la Kenyane Lupita Nyong'o, et meilleur scénario adapté.

12 years a slave, qui est un peu l’étendard de la génération Obama, réussit là où l’an passé Lincoln et Django unchhained avaient échoué : ce mélodrame appuyé et de facture classique est un témoignage fort sur l’esclavage et la condition des noirs, qui confirme décidément la préoccupation actuelle du cinéma américain pour le traumatisme de son histoire. Sur la scène du Dolby Theatre, Steve McQueen, extrêmement ému, a dédié son Oscar « à tous les gens qui ont un jour eu à souffrir de l’esclavage, et aux 21 millions qui en souffrent encore aujourd’hui ». Sur quoi le cinéaste s’est fendu de nombreux bonds de joie.

On attendait un suspense intense, et la possibilité de surprises, lors de la 86me cérémonie des Oscars. Eh bien, la surprise… c’est qu’il n’y en eut pas la moindre. Absolument tous les Oscars majeurs que nous pointions dès samedi dans nos colonnes comme les favoris de la soirée l’ont emporté. Si c’est Gravity qui repart avec le plus de statuettes (sept, dont celle du meilleur réalisateur, à Alfonso Cuaron), l’histoire retiendra que c’est 12 years a slave, réalisé par le Britannique Steve McQueen, qui remporta cette nuit le trophée le plus attendu : celui du meilleur film, remis par Will Smith.

L’interview de Steve McQueen

Avec le sacre de 12 years a slave, voilà du coup Brad Pitt récompensé… puisqu’il produit le film. C’est la première fois de l’histoire qu’un film réalisé par un cinéaste noir remporte la statuette la plus convoitée de la soirée. Ceci quatre ans après le premier sacre de l’histoire des Oscars pour le film d’une femme (Kathryn Bigelow, et Démineurs).

L’Oscar du meilleur réalisateur au Mexicain Cuaron ne surprend pas davantage. Gravity fut un très gros succès commercial et critique. Le film d’Alfonso Cuaron a surtout séduit par ses qualités plastiques. C’est, joli paradoxe, un huis-clos dans l’espace, porté par une 3D efficace et beaucoup de poudre aux yeux, qui compense un peu ses faiblesses narratives. Le sacre de Gravity et de 12 years a slave, c’est la confirmation d’un vote assez traditionnel de la part des membres de l’Académie des Oscars, qui récompensent très souvent sinon les meilleurs, du moins les plus consensuels des films, et les moins polémiques des cinéastes. Comme c’était à craindre, Le loup de Wall Street, le superbe brûlot de Martin Scorsese sur la parfaite immoralité du milieu financier américain, est sanctionné pour son radicalisme. Le film ne récolte pas le moindre Oscar. Tout comme Philomena (Stephen Frears), qui était notre coup de cœur à nous mais qui, lui, ne faisait pas partie des favoris.

Mais s’il est un grand perdant de la soirée, c’est American Bluff. Le film de David O.Russell, un habitué des compétitions hollywoodiennes, menait la course aux nominations : il en avait dix… et pas le moindre à l’arrivée.

Tout comme 12 years a slave, qui décroche trois Oscars (les deux autres allant à la comédienne kenyane Lupita Nyong’o et au meilleur scénario adapté), Dallas buyers club, le film du Québécois Jean-Marc Vallée, décroche trois statuettes. Deux d’entre elles vont aux acteurs du film, qui signent de véritables performances. Matthew McConaughey, décidément l’homme en vogue à Hollywood, décroche l’Oscar du meilleur acteur, pour son incarnation il est vrai sidérante d’un cowboy homophobe qui se découvre un matin séropositif… et contraint à croiser la route d’un transsexuel : Jared Leto, qui décroche quant à lui l’Oscar du meilleur second rôle masculin.

lundi 3 mars 2014

Dans la même catégorie

Commentaires

Nom / Prénom / Pseudo
*
Votre email
*
Votre commentaires*
Le formulaire est verrouillé..
Cliquez ici pour désactiver la sécurité du formulaire

 


EBANDA Manfred 1935 - 2003 - Compilations 2013 des plus belles reprises d'AMIE (AMI OH) en téléchargement Henry Njoh en téléchargement Dina Bell en téléchargement Charles Lembe en téléchargement Album Micheline Ewang - Dissongo en téléchargement Ben Decca en téléchargement
Newsletter
The Very Best of - Bell'A NJOH en téléchargement