Allemagne : qu’est-ce qui va changer avec le nouveau chancelier Olaf Scholz ?
AFP

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Olaf Scholz endosse enfin son costume de chancelier. Ce mercredi, il prêtera serment devant les députés du Bundestag à Berlin. L’Allemagne referme donc définitivement le chapitre Merkel. Mais faut-il s’attendre à une réelle rupture ?

Durant sa campagne électorale, le social-démocrate (SPD), s’est présenté comme l’héritier naturel de la chancelière (CDU). On l’a vu poser sur la couverture d’un magazine allemand, les mains en losange, comme Angela Merkel. Le slogan de son affiche de campagne : "Er kann Kanzlerin" ("Il peut être chancelière") a également marqué les esprits.

La CDU avait pourtant son propre candidat, Armin Laschet – à l’époque ministre-président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Mais en tant que vice-chancelier et ministre des Finances du gouvernement Merkel, Olaf Scholz a joué la carte de la filiation. Et ça a marché.

Vers un leadership "à la Merkel" ?

Un éditorialiste allemand a dit un jour d’Angela Merkel : "son charisme, c’est de ne pas en avoir". On pourrait dire la même chose d’Olaf Scholz. Avec lui, on ne sera pas dans la politique spectacle. En Allemagne, on le surnomme "Scholzomat" ("Scholz, l’automate"), tellement il débite ses discours sur un ton monocorde. Le magazine Der Spiegel l’a même qualifié un jour "d’incarnation de l’ennui en politique".

Olaf Scholz n’apprécie pas forcément ces critiques, mais pour lui, l’essentiel n’est pas là. Lorsque, en juin dernier, on lui demande s’il a des sentiments, sa réponse fuse : "Si j’ai des sentiments ? Les citoyens qui me connaissent le savent… Mais je postule pour être chancelier fédéral, pas directeur de cirque."

Olaf Scholz est un homme de dossiers, une bête de travail. Ce n’est pas un showman. C’est sans doute pour cela que, jusqu’il y a quelques jours, il n’existait aucune biographie d’Olaf Scholz, alors que l’homme a été maire d’Hambourg, ministre du Travail, ministre des Finances, et vice-chancelier.

Un vieux briscard

A la différence d’Angela Merkel quand elle est arrivée au pouvoir il y a 16 ans, Olaf Scholz dispose donc déjà d’une solide expérience. Vieux briscard de la politique, âgé de 63 ans, il a déjà pris de nombreux coups. Il a été déclaré politiquement mort à plusieurs reprises, mais à chaque fois, il s’est relevé.

Contrairement à la chancelière sortante, Olaf Scholz traîne aussi quelques casseroles. Son ministère des Finances a été mis en cause à deux reprises : pour négligence dans la lutte contre le blanchiment, et pour n’avoir n’a pas détecté la gigantesque fraude au sein de la société Wirecard – le plus gros scandale financier de l’histoire allemande de l’après-guerre.

Pourtant, les balles semblent ricocher sur la carapace du robot Scholz. Il a, paraît-il, cette faculté de rebondir, de regarder vers l’avenir. Selon ceux qui le connaissent depuis longtemps, Olaf Scholz est le stoïcisme incarné. Sa devise : "Nous ne sommes jamais offensés – nous ne sommes jamais hystériques" ("Wir sind nie beleidigt – wir sind nie hysterisch").
Un gouvernement pro-européen et progressiste

Ce lundi 6 décembre, Olaf Scholz a présenté sa nouvelle équipe. Une coalition "feu tricolore" qui allie les sociaux-démocrates (SPD), les Verts (Grüne) et les libéraux (FDP). Que peut-on attendre de ce nouveau gouvernement ?

Si l’on en croit son programme de 177 pages, il sera encore plus pro-européen que l’équipe merkelienne. L’Union européenne doit être capable d’agir en tant que puissance mondiale. Le nouveau gouvernement allemand plaidera donc pour la création d’un vrai ministre des Affaires étrangères de l’UE. La team Scholz promet aussi qu’elle sera plus exigeante que le gouvernement sortant sur le respect de l’Etat de droit au sein de l’Union européenne.

Sur le plan national, la nouvelle alliance annonce une politique plus progressiste. Elle prévoit par exemple de légaliser le cannabis, d’abaisser le droit de vote à 16 ans, de renforcer les lois pour lutter contre le sexisme…

Côté immigration aussi, on se veut plus ouvert. Il est question d’une nouvelle loi qui permettra aux immigrés de devenir allemands plus facilement, tout en gardant leur nationalité d’origine.

Et puis évidemment, avec les Verts au gouvernement, la politique climatique sera un thème dominant. Et là, on sort même le bazooka : arrêter les centrales à charbon d’ici 2030 et faire en sorte que 80% de l’électricité soit produite par les énergies renouvelables. Des objectifs tellement ambitieux qu’ils paraissent irréalistes.

C’est aux libéraux qu’il reviendra de gérer les cordons de la bourse. Ravis d’hériter du ministère des Finances, leur principal objectif sera de tout faire pour limiter l’endettement de l’Allemagne, d’autant qu’avec le Covid et les inondations de cet été, il y a eu du relâchement dans la légendaire rigueur budgétaire allemande.

Réaliser les promesses

Le nouveau chancelier a surpris tout le monde en annonçant un accord de gouvernement deux mois seulement après les élections du 26 septembre, alors qu’on n’espérait rien avant Noël. Sur le papier, sa coalition a priori contre-nature, laissait beaucoup d’observateurs perplexes. Mais Olaf Scholz a réussi à concilier les points de vue des Verts et des libéraux. Une réussite que certains attribuent à son style de négociation. Olaf Scholz est quelqu’un qui observe, qui écoute longuement, en retrait, qui laisse les autres se chamailler, et puis qui tranche. Un peu comme Angela Merkel…

Robot Scholz va maintenant devoir transformer ses promesses en réalité. Son premier test politique sera de gérer la crise sanitaire qui frappe à nouveau l’Allemagne de plein fouet. Le nouveau chancelier est déterminé à rendre la vaccination obligatoire pour tous les Allemands d’ici le mois de février. Les choses sérieuses ne font que commencer.

mercredi 8 décembre 2021

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