MANU DIBANGO FOR EVER
Par François Zo'omévélé Effa

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Il y a des chansons qu’on n’a pas envie de chanter pour certaines personnes. Je n’ai pas envie de chanter pour Manu DIBANGO : « Ce n’est qu’un au revoir, Manu ».


Le départ de Manu ne peut pas être qu’un au revoir car notre vedette universelle, notre référence culturelle, musicale, notre fierté, nous a tout de même quittés, il y a quelques jours, pour le pays du grand repos.

« Grand repos », mais il ne se reposait jamais, et sa musique ne sera jamais au repos. Depuis mon enfance, pendant des décennies, nous t’avons écouté, tu nous as accompagnés par tes chants, tes mélodies, ton rire unique ; c’est pourquoi il n’est pas prétentieux de dire et de crier «MANU DIBANGO FOR EVER ».

Tu rappais déjà, oui, tu faisais du rap avant qu’il ne soit connu, dans les années 60, dans ton morceau « Dans l’Afrique », nous promenant de capitale africaine en capitale africaine. En 1964, tu nous faisais vivre en chanson la première Coupe des Tropiques :

« Flottez, drapeaux, sur Yaoundé,
pour la Coupe des Tropiques,
Flottez, drapeaux, flottez gaiement
pour le lieu, le lieu du sport.
Pendant dix jours, le sport est roi
dans notre capitale.
Pour nos sportifs, pour notre Afrique,
vive la Coupe des Tropiques. »

Tu nous accompagnais, tant au niveau des évènements que de l’actualité, nous enseignait un vivre ensemble certain dans tes couplets bercés par ton saxophone, comme cet hymne au civisme et à la liberté :

« A présent que nous sommes libres,
libres de choisir notre loi,
il est bien venu le temps de changer.
Africains, réveillons-nous !
Effaçons l’esprit tribaliste,
effaçons la haine entre nous.
Que les mots Union et Fraternité
prennent place dans nos coeurs. »

Grand Manu, je n’étais pas, mais je suis toujours et resterai un grand fan de toi, de ta musique, de ta personnalité. C’est vrai que j’ai tous tes sons, que je ne me lasserai jamais d’écouter, et je n’oublierai jamais les occasions que j’ai eues de te rencontrer.

Tu fus, au cinéma Abbia, à Yaoundé, dans les années 70, le premier artiste que je vis en concert dans ma vie. Ce jour-là, tu apparus, si magnifique, tenant ton saxo à la main, t’approchant du micro pour entamer, en a cappella d’abord, le morceau « Idiba ». J’en ai encore la chair de poule.

Des années plus tard, dans une grande salle de concert à Strasbourg, j’étais au premier rang, dans un concert fantastique que tu as donné, et je chantais toutes tes chansons, même que je faisais ton saxophone avec ma bouche ! Puis il nous a été donné à la fin du concert de te rendre visite dans ta loge. Tu nous as reçus, et tu m’as dit : « Toi-là, je t’ai vu. Tu aimes beaucoup la musique ! » Et je t’ai répondu : « Non, j’aime beaucoup votre musique. »

Plus tard encore, à Besançon, j’ai eu l’immense joie et honneur de t’interviewer pour mon émission radio qui, comme par hasard, portait le nom d’un de tes albums, Africadélic. Il y avait aussi Yannick NOAH et sa maman, Marie-Claire. Tu étais venu accompagner la chorale d’enfants bisontine « Les Enfants de l’Espoir » avec ton saxo, dans ton célèbre morceau, Sango Jesu Christo.

Tu nous as fait l’honneur d’être la cerise sur le gâteau de notre festival de la Palabre africaine à Besançon, avec un concert que tu as donné à l’Opéra Théâtre. Je ne saurais compter les moments de rencontre que nous avons eus dans les différentes émissions sur Radio Sud Besançon, dont « L’heure du Gospel », … ni tes musiques qui rythment mes émissions par leur cadence et leur frénésie.

Grand Manu, où que tu sois, sache que toujours, et plus que jamais, c’est ta voix qui s’élèvera au lointain, nous invitant non seulement aux prières du soir, mais aux souvenirs de tant d’amour que tu nous as laissé. Et quand la nuit s’étendra sur le village culturel intercontinental que tu as construit, les femmes continueront à bercer leurs enfants, leur chantant tes inoubliables mélodies, qui se résument en « MANU DIBANGO FOR EVER ».

François Zo’omevele

jeudi 26 mars 2020

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