A PROPOS… DES ABOLITIONS DES ESCLAVAGES
Par François Zo'omévélé Effa

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C’est le 10 mai, et la loi Taubira -celle de l’abolition et non celle du mariage pour tous-, cette loi Taubira qui a institué une journée de commémoration chaque 10 mai… qui s’en souvient ? Il est tabou, très tabou même, en France métropolitaine, d’évoquer l’esclavage, les esclavages, et les traites négrières. Pourtant, lorsqu’on célèbre le 8 mai, fin de la deuxième guerre soi-disant mondiale, lorsque, pendant deux ans, on a célébré le centenaire de la première guerre toujours soi-disant mondiale, nul ne parle de victimisation.

Mais je vous demande, franchement de vous à nous, vous qui pouvez et savez réfléchir, vous qui pouvez et savez évaluer, juger, oui, je vous demande sincèrement si l’esclavage a un jour été aboli ? Nous pouvons constater autour de nous que cette tare, cette plaie immonde, l’esclavage, n’a connu que des mues, des transformations.

Souvenez-vous, après les fameuses déclarations des abolitions, en France, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Hollande, la pratique a quand même continué, sous forme de colonisation.

Le système de l’indigénat, dans les colonies, en Afrique, a remplacé le fameux Code noir. C’était le travail obligatoire et non payé pour construire des routes, des chemins de fer, et toutes les infrastructures coloniales. Puis il y a eu les soi-disant indépendances. L’esclavage, sous la forme du néocolonialisme, a persisté beaucoup plus subtilement. Les contremaitres des champs de coton et les bourreaux à la chicote ont été remplacés par des gouverneurs coloniaux à la peau noire, au service des maîtres des colonies. Ces mutations sont connues sous le nom de néocolonialisme, Françafrique, et bien d’autres. Le système le plus flagrant reste l’impérialisme économique, dont le franc CFA est la preuve concrète.

Le continent africain vit en esclavage économique. Il est le plus riche au monde par son sous-sol mais le plus pauvre par son niveau de vie qui ne fait que régresser. Le pire, dans ce nouvel esclavage, est la subtilité des esclavagiseurs qui se font passer pour des sauveurs et des bienfaiteurs. Toutes les matières premières sont achetées à l’infime rabais. Le plus ignoble dans l’histoire, c’est que c’est l’acheteur qui fixe le prix et qui décide de la valeur du bois, de l’or, du diamant, du cacao, du pétrole…

Il suffit, pour s’en rendre compte, de voir que l’esclavagiseur n’en fait pas autant pour ses produits à lui. Avez-vous déjà entendu parler du cours en bourse du prix de la bière ? du vin rouge ? du champagne ? des pommes de terre ?

A propos de l’écologie dont tout le monde parle en ce moment, où se trouvent les victimes de ces pollutions industrielles, chimiques et même intellectuelles ? Partout, me direz-vous. Mais il est établi un certain ordre dans les dénonciations de ces déséquilibres. Prenez l’exemple de l’huile de palme et des palmiers, qui sont décriés depuis un certain temps, alors que depuis plusieurs siècles les essences des forêts équatoriales sont pillées par des sociétés jamais dénoncées, ce qui provoque ce déséquilibre planétaire des saisons, du climat et, bientôt, des mentalités. Et comme dirait un célèbre musicien africain au crâne presque toujours rasé : « QUI EST FOU DE QUI, QUI EST FOU DE QUOI, ET QUI EST FOU LA MEME ? »

François Zo’omevele Effa

vendredi 10 mai 2019

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