France: L'«acte 13» des gilets jaunes marqué par des incidents à Paris
AFP

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Plusieurs milliers de gilets jaunes manifestaient samedi après-midi en France pour leur « acte 13 », après presque trois mois de contestation, des rassemblements à nouveau marqués par des incidents dans la capitale, où un manifestant a eu une main arrachée devant l'Assemblée nationale.

Les manifestants étaient 12 100 en France à 14 h, dont 4000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur, dont les chiffres sont contestés par les gilets jaunes.

Dans la capitale, les gilets jaunes sont partis des Champs-Élysées à la mi-journée. Des incidents ont éclaté à l'arrivée du cortège devant l'Assemblée nationale, où un manifestant, âgé d'une trentaine d'années selon les pompiers, a eu une main arrachée.

La cause de la blessure reste incertaine. Mais, selon un témoin qui a filmé la fin de la scène, il s'agit d'une « grenade de désencerclement », lancée par les forces de l'ordre alors que des manifestants tentaient d'enfoncer les palissades protégeant l'entrée de l'Assemblée. Selon la préfecture de police, le blessé a eu quatre doigts arrachés.

Parmi les manifestants à Paris se trouvait un séminariste de 29 ans, en sandales et robe de bure, chapelet à la main, qui voyait dans le mouvement un « désir de justice et de vraie paix ».

Des incidents sporadiques ont eu lieu sur le parcours de la manifestation, qui est arrivée vers 16 h 30 près de la tour Eiffel, dans une ambiance très tendue. Des projectiles ont été jetés sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, a constaté une journaliste de l'AFP.

À Bordeaux, plusieurs milliers de gilets jaunes ont tenu des rassemblements, souvent émaillés de heurts. Dans le cortège flottaient de nombreux drapeaux français, et un drapeau noir anarchiste, derrière des banderoles proclamant : « En route pour un monde meilleur ».

À Lyon, ils étaient aussi plusieurs milliers dans les rues. Parmi eux, Bernard, un logisticien de 56 ans : « C'est bien beau le Grand débat, mais nous, on veut du concret, moins de taxes, plus de pouvoir d'achat. On sera là tous les samedis de l'année s'il le faut ».

« Un monologue »

À Dijon, une des places fortes du mouvement, le cortège s'est élancé aux cris de « Macron démission ». Emmanuel Macron « ne parle pas, il fait un monologue », a déclaré Nadine, 55 ans, qui ne croit pas au grand débat. « On a encore l'espoir que [les manifestations] ouvrent un peu les yeux » au président.

Au moins 2000 personnes ont défilé à Lorient. Sur un gilet jaune était écrit : « produits alimentaires +8 à 10 %, retraites et pensions -3,5 %. On en a marre ». « Macron démission, Castaner en prison », ont scandé des manifestants.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, dont la proposition de loi « anticasseurs » a été adoptée par l'Assemblée au prix de sévères remous dans la majorité, a été particulièrement visé par les manifestants.

À Caen, 1700 personnes ont manifesté, selon la préfecture, et à Montpellier, environ 1500.

La mobilisation a reflué les deux précédents samedis : 58 600 personnes ont manifesté le 2 février, selon le ministère de l'Intérieur, alors que le mouvement revendique un « nombre jaune » de 116 000 manifestants.

Le mouvement des gilets jaunes apparait toujours très fragmenté. D'un côté, certains souhaitent faire prospérer la colère sociale, quitte à remiser leur méfiance des syndicats, pour manifester main dans la main avec la CGT : une première journée d'action a rassemblé 137 200 personnes en France mardi, selon l'Intérieur, plus que lors des dix derniers « actes » des gilets jaunes.

De l'autre, beaucoup veulent éviter toute récupération politique, au moment où Rome multiplie les encouragements au mouvement, dans la perspective des élections européennes.

Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles et numéro deux du gouvernement italien, a semé la zizanie en rencontrant mardi Christophe Chalençon - une figure controversée qui a appelé à installer un ancien militaire au pouvoir - et d'autres membres d'une liste de gilets jaunes montée pour ces élections.

Une rencontre impromptue, organisée à l'insu de la tête de liste, Ingrid Levavasseur, et qui a provoqué une crise diplomatique historique entre l'Italie et La France.

Pour protester contre toute instrumentalisation, Maxime Nicolle, l'une des figures historiques des « gilets jaunes », s'est déplacé vendredi à la frontière italienne pour répéter que le mouvement « n'a pas de leader » et « est apolitique ».

Le chef de l'État, très présent dans son grand débat, a vu sa cote de popularité remonter dans les enquêtes d'opinion. Mais selon un sondage diffusé jeudi, 64 % des Français continuent de « soutenir » le mouvement des gilets jaunes.

samedi 9 février 2019

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