Le monde va-t-il se rétrécir pour George W. Bush le tortionnaire ?

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George W. Bush va-t-il renoncer à voyager dans tous les pays ayant signé la Convention des Nations unies contre la torture ?

Il devait se rendre en Suisse le 12 février pour la promotion de son livre, « Instants décisifs ». Jeudi, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a émis le souhait que la Suisse agisse contre l'ex-président américain. Ce dernier a annulé sa visite.


Bien sûr, officiellement, ceci n'a rien à voir avec cela. Bush était invité par l'organisation juive Keren Hayessod à participer à un dîner de gala à Genève. A écouter les organisateurs, sa visite soulevait « des questions liées à la sécurité et à des risques de débordements », rapporte le quotidien genevois Le Temps.

Mais il est également fort probable, ajoute le quotidien genevois, que Bush ait pris peur d'être convoqué par la justice. (Voir la carte des pays ayant ratifié la Convention contre la torture)

Après le 11-Septembre, le « water boarding »

L'OMCT avait envoyé une lettre à la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, rendue publique le 3 février. Yves Berthelot, président de cette organisation non gouvernementale (ONG) et Eric Sottas, secrétaire général, écrivent :

« Il ne saurait y avoir le moindre doute quant à l'obligation pour la Suisse d'ouvrir des enquêtes sur le crime de torture contre toute personne présente sur son territoire qui a autorisé, participé ou s'est fait le complice des pratiques mentionnées dans le présent document.

Cela concerne également l'ancien Président G. W. Bush qui, comme commandant en chef, assumait l'autorité de l'ensemble des opérations conduites et, comme le suggèrent toutes les informations disponibles, les a autorisées en toute connaissance de cause et a approuvé la commission de ces actes qui constituent des formes de torture ».

Après le 11-Septembre, George W.Bush a donné son feu vert à l'usage de la torture pour obtenir des informations des suspects de terrorisme qui avaient été arrêtés. Certaines techniques, comme le supplice « de la baignoire » (ou « water boarding » ; le fait de faire croire à un suspect qu'on va le noyer ou l'étouffer), ont été utilisées avec l'aval du gouvernement. Dans son livre, Bush reconnaît d'ailleurs avoir donné son feu vert à ces « interrogatoires renforcés » – l'euphémisme officiel, y compris le « water boarding ».

Dès son arrivé à la Maison Blanche, Barack Obama a annulé les directives internes tentant de donner un cadre juridique à ces pratiques.

Le précédent Kissinger

Le risque de voir la justice arrêter un ancien chef d'Etat américain est il sérieux ? Oui si l'on en croit l'expérience d'Henry Kissinger, ancien conseiller à la Sécurité nationale et ancien secrétaire d'Etat.

Le « Metternich de Nixon », l'homme de la détente, le Nobel de la paix a dû restreindre au début des années 2000 ses voyages à l'étranger ; de plus en plus de juges dans le monde s'intéressant tantôt à son rôle dans l'opération Condor (répression des opposants aux dictatures latino-américaines dans les années 70), tantôt à ses décisions pendant la guerre du Vietnam…

Alors qu'il était attendu à Londres pour un colloque, le juge espagnol Baltasar Garzon et la juge française Anne-Sophie Chateau avaient, par exemple, demandé à la justice britannique à pouvoir l'interroger ; leurs demandes avaient été déboutées par les Britanniques sur pression du Département d'Etat américain…

Les leçons de WikiLeaks

Comme le rappelle Le Temps, certains télégrammes diplomatiques dévoilés par WikiLeaks montrent que le risque de voir d'anciens responsables américains convoqués par des juges étrangers est pris très au sérieux par la diplomatie américaine.

Un des câbles montre ainsi que Barack Obama a fait notamment pression sur l'Espagne pour faire dérailler des plaintes contre six hauts-responsables du gouvernement de George W. Bush.

En mars 2009, une organisation de défense des droits de l'homme, l'Association pour la dignité des prisonniers espagnols, avait demandé à la justice espagnole d'engager des poursuites contre six anciens hauts-responsables de l'administration Bush soupçonnés d'avoir créé un cadre légal pour légitimer la torture. Parmi eux, l'ancien « attorney general » (ministre de la Justice) Alberto Gonzales.

Le 1er avril, des responsables de l'ambassade ont pris langue avec le procureur général Javier Zaragoza, qui leur a indiqué que cette plainte ne lui faisait pas plaisir, mais qu'elle était juridiquement bien étayée, et qu'il devrait la traiter.

L'affaire a été réglée entre diplomates : le message a été envoyé au gouvernement espagnol que cette affaire « était prise très au sérieux par l'USG [US government, ndlr] ». Les pressions diplomatiques américaines semblent avoir cette fois encore payé…

mercredi 2 février 2011

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