LETTRE DE LA SEMAINE AUX PRESIDENTS DES REPUBLIQUES AFRICAINES
par François Zo’omevele Effa

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Madame et Messieurs,
Je ne prendrai pas le temps des vrais et faux salamaleks pour vous dire certaines choses que voici : que vous soyez Son Excellence, Sa Majesté, Sa Royauté démocratique, l’imperturbable cynique, le sous-doué avéré et ancien rappeur… et même vous, qui essayez dans cette tempête de diriger démocratiquement et honnêtement vos pays, il me faut, chers dirigeants, vous faire ces propositions, vous suggérer des formules testamentaires, des épitaphes, voire des biographies.


Que restera-t-il de vos règnes sans pareils ? Sans pareils, car ils sont jonchés d’atrocités, d’indélicatesses, d’assassinats, de vols, de corruption, d’injustices… la liste est longue, trop longue.

Afin de ne pas trop noircir le tableau de votre vie et que l’on puisse avoir une pensée positive en citant vos noms quand vous serez partis dans l’au-delà, je préfère vous proposer une liste de choses à faire de votre vivant, pour le temps qu’il vous reste… à régner.

Débarrassez-vous de la Françafrique et du franc CFA. C’est facile. Il suffit de provoquer une réunion avec vos partenaires perfides, comme la France et les autres, et de remettre en question tous les accords coloniaux et néo-coloniaux. Pour le faire, évaluez d’abord tout ce qui vous a été volé : les matières premières arrachées de force pendant la colonisation, les vols au col blanc effectués dans les prétendus accords de coopération et les conventions de Yaoundé et de Lomé. Si votre ami perfide trouve vos demandes et vos réclamations incongrues et abusives, rappelez-lui qu’il a fait la même chose, qu’il a entrepris la même démarche en demandant à l’Allemagne, qui l’avait colonisé pendant quatre ans –le temps de la deuxième guerre dite mondiale-, non seulement de lui restituer le bien volé, mais aussi de payer de fortes amendes.

Rappelez-lui qu’il a fait payer des millions de francs or pendant des années à Haïti pour avoir osé s’affranchir de l’esclavage.

Il serait bien pour vous aussi d’évaluer vos fortunes personnelles dans les banques étrangères et de les rapatrier dans vos pays d’origine, en notifiant que cette fortune sera remise à votre peuple, entrant ainsi dans le budget de l’Etat. Mais aussi et surtout, si vous voulez que votre lamentable réputation actuelle soit à peu près effacée, attelez-vous pendant que vous vivez encore, à construire des unités de soins, des dispensaires, des hôpitaux et des cliniques, sur toute l’étendue de vos pays. Mais surtout, que les soins soient gratuits, car il y a suffisamment de richesses dans vos pays qui peuvent subvenir à toutes les dépenses de santé.

Créez, je vous en prie, des laboratoires de recherche pharmaceutique afin de trouver vos propres médicaments qui vaincront le paludisme et toutes les autres maladies qui gênent. Le continent est rempli de spécialistes, de docteurs, de pharmaciens, d’ingénieurs qui savent faire tout ça.

Transformez vos somptueux palais présidentiels en musées de la colonisation, décolonisation et néo-colonisation. Demandez et réclamez que toutes les œuvres d’art qui ont été pillées et qu’on trouve dans les musées occidentaux, comme Branly et les autres, vous soient restituées. Si on vous demande pourquoi, donnez toujours la référence des Nazis, qui avaient fait main basse sur les œuvres d’art des Juifs déportés…

La liste est longue, bien longue, Messieurs les Présidents africains et Madame. Si vous voulez la compléter, c’est facile. Demandez à n’importe quel citoyen de votre pays, il vous la complètera. Un moyen plus simple : souvenez-vous de comment vivaient vos parents (sauf pour les Présidents de père en fils !) et vos grands-parents avant que vous ne soyez présidents. Quand vous aurez accompli cela, vous verrez, vous n’aurez plus besoin de bourrer les urnes pour vos élections pour être élus à 99,99 %. Vous n’aurez plus besoin des fausses motions de soutien de vos valets et doungourous pour vous représenter aux élections présidentielles, vous n’aurez plus besoin de trafiquer les constitutions pour être élus et réélus. Vous verrez, comme un seul homme, le peuple, votre peuple, se lèvera, non pour vous proclamer président à vie, mais pour vous remercier et vous demander d’enseigner cette gouvernance à la postérité.

Alors, et alors seulement, je pourrai vous adresser mes salutations.

François Zo’omevele Effa

vendredi 15 septembre 2017

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