Pour que vivent les jeux olympiques
Par Michel Lobé Etamé

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Sotchi ou Sochi, cette cité russe inconnue de tous est devenue, au cours de deux semaines, la capitale du monde. Elle doit son succès non seulement à ses investissements pharaoniques, mais à cette fête qui a réuni les athlètes du monde autour d’un même idéal : les jeux olympiques d’hiver.

Le monde a toujours vécu en communion parfaite autour du sport. Les différences, mal « gommées », poussent à la raison les acteurs et les organisateurs. Ici, seule la performance compte. On n’oublierait presque toutes les guerres en cours dans les régions du monde. Oui, les guerres ! Pendant deux semaines, le monde se donne bonne conscience. Les pays comptent jalousement leurs médailles. Le torse bombé, les athlètes exhibent aux yeux du monde des médailles arrachées au prix d’un effort de longue haleine. On se croirait dans un monde idyllique, féerique, parfait où l’amour berce les esprits.

Mais Sotchi ne devrait pas nous faire oublier les réalités quotidiennes. Le monde est toujours divisé en deux : l’Occident et le reste, c’est-à-dire les riches et les pauvres. Cependant, le fossé qui sépare les deux partis a commencé à se réduire. Le nombre de pauvres explose dans les deux camps. Il ne fait donc plus bon d’être pauvre à New York. Le pain est aussi rare à New Delhi qu’à Mexico, Caracas, Abidjan, Yaoundé ou Canberra pour les sans abris. Il est loin le temps où les médias occidentaux exhibaient aux heures de repas des images suffocantes des crèves la dalle des pays pauvres. Sur le plan des inégalités, avouons que les destins se rejoignent.

La mondialisation est en cours aujourd’hui. Sur toutes les tables, nous pouvons nous offrir, si nous en avons les moyens, les fruits exotiques, le saumon ou le caviar. Nous abusons sans modération du téléphone portable, d’Internet et des réseaux sociaux. C’est ce que nous appelons le progrès. Ce progrès à la consommation nous ouvre de nouveaux horizons. A toute heure, nous savons ce qui se passe à Tokyo, à Johannesburg, à Bordeaux ou Calcutta. Les médias conventionnels n’ont plus le monopole de l’information. Nous savons par exemple que de grandes oreilles nous écoutent. Le cas du transfuge américain Edward Snowden n’est plus un cas d’école. L’espionnage est partout.

Il est fini ce temps où l’on nous apprenait, à travers les médias traditionnels sous contrôle que l’Est était sous emprise du diable et que l’Ouest était peuplé de gentils petits agneaux. Ce temps est révolu, me direz-vous. Mais, vivons-nous mieux ?

Le bain de sang en Ukraine traduit notre impuissance. Les jeux de Sotchi ont pris fin sans qu’une voix s’élève. La liberté a été encore bafouée, comme d’habitude. Pour ne pas trahir l’esprit olympique, la flamme de Sotchi a continué à briller. Au nom d’un idéalisme d’un autre temps.

La semaine qui commence va nous plonger dans un univers nouveau. Un univers presque oublié pendant les jeux olympiques. Nous allons plonger dans la froideur de la guerre en Centrafrique, au Soudan du Sud, en Libye, en Afghanistan, en Somalie, en Egypte où des peuples on vécu en paix pendant des siècles. Ils ont été unis par le mariage. A cette époque, les religions importées voyaient cohabiter des animistes avec des chrétiens et des musulmans. Puis, patatras !
En Centrafrique, les Selekas ont voulu imposer un nettoyage ethnique. Cette vision du monde ne vous rappelle-t-elle pas l’Allemagne nazie ? A grande échelle, le nettoyage ethnique ou religieux bat son cours.

L’Afrique hérite des projets macabres qui ont échoué en occident. Le troisième millénaire grouille pourtant de projets de développement pour le continent. Mais les handicaps sont nombreux. Les guerres refont surface. L’exode des populations crée des bidonvilles où la sécurité n’est plus garantie. Le chaos s’installe.

Mais à qui profitent les guerres en Afrique ? N’ayons pas peur des mots. Les multinationales se frottent les mains. Elles peuvent, à loisir, exploiter gratuitement, avec des complicités locales, les trésors du continent : pétrole, mines, bois. Jamais satisfaites et toujours plus gourmandes et sans scrupules, les multinationales ont remplacé les puissances coloniales. Leurs appétits décriés sont sans limite. Elles achètent aujourd’hui les terres arables pour cultiver des produits d’exportations tels que le riz, le cacao, le café, le palmier à huile, le coton…

Mais jusqu’où irons ces prédateurs qui spéculent sur notre sous-sol, l’air que nous respirons et qui provoquent sans vergogne les émeutes de la faim en monopolisant nos terres en semant le chaos?

samedi 22 février 2014

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