Brazzaville: à l'ouverture de son procès, le général Mokoko invoque son immunité
AFP

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Brazzaville - Le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko a invoqué son immunité lundi à Brazzaville au premier jour de son procès pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", qualifié par sa défense de "règlement de comptes politiques" monté par le régime du président Denis Sassou Nguesso.

Ex-dignitaire de ce régime jusqu'à sa candidature à la présidentielle de 2016, le général Mokoko a comparu devant la cour criminelle de Brazzaville où les journalistes, tenus à l'écart le matin, ont finalement été admis dans l'après-midi.

Vêtu d'une large chemise blanche, qui bâille au-dessus d'un pantalon bleu nuit, l'allure étonnamment svelte et jeune pour un homme de 71 ans, le général Mokoko a choisi de ne pas répondre aux questions de la cour.

Ex-chef d'état-major, ex-conseiller du président, le général formé à Saint-Cyr (France) invoque une immunité qu'il affirme tenir d'un décret de 2001 faisant de lui un "dignitaire de la République", fait-il savoir à l'AFP par le truchement d'un membre de sa famille venu lui parler lors d'une suspension de séance.

"Il est serein", ajoute cette même source.

"Vous outragez la cour" avec votre silence, lui a lancé le président de la cour, Christian Oba. "Ce n'est pas mon interprétation", répond le général.

"Les avocats de la partie civile pensaient que l'accusé avait une part de vérité à exposer dans cette salle. Il se refuse à toute déclaration. Nous en tirerons toutes les conséquences juridiques mais les débats doivent se poursuivre", a déclaré l'un des avocats de l'Etat, un Français inscrit au barreau de Brazzaville, Me Gérald Deviller.

"La cour suprême a statué à deux reprises (en disant) qu'il n'avait pas l'immunité", a-t-il ajouté en réponse à une question de l'AFP.

En mars 2016, l'officier avait terminé troisième de la présidentielle (moins de 14% des voix) marquée par la réélection contestée dès le premier tour du président Sassou Nguesso, qui cumule près de 35 ans de pouvoir.

Après ce vote, le général Mokoko et d'autres candidats avaient appelé à la "désobéissance civile". Il est aussi accusé de détention illégale d'armes et munitions de guerre ainsi que de troubles à l'ordre public.

"S'il avait voulu faire un coup d'État, il l'aurait fait depuis longtemps. Jamais le général Jean-Marie Michel Mokoko n'a dit : +Prenez les armes+", a plaidé jeudi sur Radio France Internationale (RFI) l'un de ses avocats, Norbert Tricaud.

Tenus à l'écart du procès le matin, les médias, dont RFI et l'AFP, ont finalement été invités à se rendre au palais de justice l'après-midi après avoir rendu compte de leurs difficultés.

L'audience doit reprendre mardi à 10h00 (09h00 GMT).

La cour criminelle doit aussi juger la semaine prochaine un autre officier, le général Norbert Dabira, arrêté en janvier 2018 pour une tentative de coup d'Etat.

La cour jugera par la suite Jean-Martin Mbemba, ex-ministre d'Etat, également pour atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat.

Un autre candidat à la présidentielle, André Okombi Salissa, est détenu pour les mêmes motifs depuis janvier 2017. La date de son procès n'est pas connue.

lundi 7 mai 2018

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