Les gants de boxe "made in Mexico" d'une légende nommée Mohamed Ali
AFP

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Derrière l'un des derniers combats de la légende de la boxe Mohamed Ali, il y a des mains, celles de Ruben Albarran. C'est lui qui a découpé puis cousu, dans la banlieue de Mexico, les gants que le célèbre boxeur a utilisé pour regagner son titre face à Leon Spinks en 1978.

A quinze ans, Albarran se rêvait lui aussi en boxeur de légende, mais son père l'en a dissuadé d'un cinglant: "tu es fou!". Alors il a mené une carrière au plus près de sa passion, dans l'atelier de Cleto Reyes, à fabriquer des gants pour les poings des plus grands boxeurs dont Cassius Clay (nom de naissance de Mohamed Ali).

"Ca a été parmi les premiers gants que j'ai fabriqués", se souvient Albarran, 64 ans, sous le regard d'Alberto Reyes, directeur de cette marque mexicaine qui équipe le boxeur philippin Manny Pacquiao, seul boxeur à avoir détenu des titres mondiaux dans huit catégories.

"Quand j'ai vu le combat (de Mohamed Ali), cela m'a ému", se souvient-il.

"Ils avaient déjà un contrat avec une marque", raconte à l'AFP Alberto Reyes, le fils du fondateur, dans son bureau située dans la capitale mexicaine. Mais Cassius Clay a dit "je ne combats pas si je n'ai pas les gants de Cleto", assure-t-il.

Sponsors et manager n'ont eu d'autre choix que de céder à la star et l'ont autorisé à utiliser les gants mexicains à condition que la marque soit dissimulée par un ruban adhésif.

Mais une fois sur le ring, Ali a demandé à son entraîneur, Angelo Dundee, de retirer l'adhésif. Son image, en sueur, résistant aux coups du jeune Spinks avec les gants mexicains aux poings, a fait le tour du monde.

Cette publicité fut plus que suffisante pour promouvoir la marque que d'autres boxeurs ont alors utilisé: l'Américain Mike Tyson, le Mexicain Julio César Chavez, le Panaméen Roberto Duran surnommé "mains de pierre" et même le fameux Rocky Balboa, boxeur de fiction interprété au cinéma par l'acteur américain Sylvester Stallone.

Quand le gant "est commode pour les mains, elles se blessent moins. On cherche toujours à protéger le boxeur" explique à l'AFP Ignacio Beristain, entraîneur des champions mexicains Juan Manuel Marquez et Ricardo "Finito" Lopez.

Grâce au prestige des boxeurs qui ont utilisé les gants "Cleto Reyes", le fils du fondateur assure qu'il n'a jamais eu à payer pour qu'un boxeur les utilise.

"Ils les mettent parce qu'ils se sentent en sécurité, ils savent qu'ils vont mettre K.O., que ce matériel va protéger leurs poings et de ceux de leurs rivaux" soutient Alberto Reyes, 65 ans.

- "Jamais je ne retournerai à la boxe" -

Comme Albarran, Cleto Reyes, le fondateur de la marque, a envisagé une carrière de boxeur professionnel.

C'étaient les années 1930 et la boxe mexicaine brillait au firmament grâce à Juan Zurita et Rodolfo Casanova. A cette époque, un amateur pouvait grimper sur le ring pour tenter sa chance. Reyes fut un de ces boxeurs "spontanés".

"Il est monté (sur le ring) et a combattu. Il a résisté trois rounds" avant d'être corrigé par son adversaire, raconte son fils.

Après cette raclée, il a juré "de ne plus jamais faire de la boxe" et a mis à profit les années passées dans un atelier de fabrication d'articles de baseball pour perfectionner les gants qu'il avait utilisés lors de son combat.

Il a alors commencé à fabriquer des gants pour Zurita, qui les a utilisés pour un combat en 1945 pour le titre, perdu face à l'Américain Ike Williams.

"Ca a été un grand encouragement et il a continué à travailler" explique son fils.

- Crin de cheval -

La fabrication du gant - essentiellement artisanale - commence par la sélection du cuir, qui arrive à l'atelier de différentes couleurs, bien que la couleur rouge soit le symbole de la marque.

"Nous ne pouvons pas permettre qu'un gant se rompe en plein combat" explique M. Reyes pour justifier l'attention portée à la qualité du cuir.

Ensuite, les travailleurs des usines de Ecatepec et Toluca, près de Mexico, découpent les pièces pour les coudre et les remplir afin de leur donner forme.

La garniture contient de la mousse et du crin de cheval, des matériaux qui évitent des blessures aux adversaires, explique le patron de Cleto Reyes, dont les gants professionnels se vendent 1.380 pesos (environ 75 dollars).

Dans ces ateliers au nord de la capitale mexicaine, on fabrique aussi des protections, des masques et même les ceintures destinées aux vainqueurs.

Devant une image de l'ex-président Carlos Salinas arborant les gants de boxe maison, Ruben Albarran coud orgueilleusement une poire de vitesse qu'utilisent les boxeurs à l'entraînement pour développer leur agilité.

"Ca fait plaisir de travailler dans une entreprise qui a cette reconnaissance internationale" commente-t-il fièrement.

lundi 24 juillet 2017

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