USA: Les géants du chocolat poursuivis aux États-Unis pour exploitation d'enfants
AFP

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Une nouvelle poursuite lancée aux États-Unis allègue que les géants industriels du chocolat ont tiré profit « en toute connaissance de cause » du travail forcé de « milliers » d’enfants engagés dans la récolte du cacao en Afrique de l’Ouest.

Le texte de la poursuite déposée il y a quelques jours devant un tribunal de Washington relève que les assurances répétées de firmes comme Cargill, Hershey’s et Nestlé voulant que tout soit mis en œuvre pour empêcher de telles dérives visent à « berner le public » relativement à la nature du système de production en place.

« Chaque nouveau programme [de surveillance] qu’ils créent n’est en fait qu’un nouvel outil de relations publiques », souligne en entrevue le directeur d’International Rights Advocates, Terry Collingsworth, qui pilote la poursuite lancée au nom de huit ressortissants maliens ayant été réduits à l’esclavage dans des plantations de cacao.

L’un des plaignants, Issouf Coubaly, a été approché alors qu’il avait 15 ans par un homme qui lui a proposé un emploi prétendument payant en Côte d’Ivoire, principal producteur de cacao de la planète.

La poursuite relève qu’il a été amené en bus jusqu’à une plantation isolée, où il a été forcé de travailler de longues journées et de réaliser des tâches risquées, comme l’épandage de pesticides, pendant cinq ans, sans jamais être payé.

Il devait vivre dans des conditions horribles. Il dormait seul à la plantation sous une toile de fortune et était exposé aux insectes et aux serpents. On lui donnait très peu de nourriture et il souffrait souvent de la faim. À la fin de l’année, il n’était pas payé.

La poursuite dans un document déposé en cour

Le jeune Malien, qui ne savait pas exactement où il se trouvait, a finalement pris à partie le propriétaire de la plantation et obtenu, pour toute compensation, une somme de 20 000 francs CFA, soit l’équivalent d’une cinquantaine de dollars canadiens, pour rentrer.

M. Collingsworth, qui s’est rendu à plusieurs reprises au Mali et en Côte d’Ivoire au cours des dernières années, note que cette pratique de recrutement abusive perdure et peut facilement être observée dans les gares de bus où errent des enfants à la recherche de travail.

Les entreprises « jouent un rôle central »

La poursuite, qui vise au total huit entreprises produisant du chocolat, relève qu’elles jouent un rôle central dans le processus de production du cacao en Côte d’Ivoire, où existent des dizaines de milliers de plantations.

Elles ont préféré « négliger les faits relativement à ce travail forcé et abusif » d’enfants plutôt que d’y mettre un terme en faisant pression sur leurs fournisseurs et auraient ce faisant enfreint les dispositions d’une loi américaine visant à empêcher la traite des personnes, soulignent les requérants, qui ne chiffrent pas leur demande d’indemnisation.

Les sociétés visées ayant répondu à La Presse ont indiqué qu’elles n’avaient « aucune tolérance » pour le travail des enfants, y compris le travail forcé, et entendaient poursuivre leurs efforts pour l’éradiquer.

« L’industrie du cacao, le gouvernement, les ONG et la société civile doivent collectivement en faire plus en réaction à cet enjeu systémique », a notamment indiqué Cargill en précisant que la « détermination » de l’entreprise à ce sujet était « plus forte que jamais ».

Un porte-parole de Hershey’s, Jeff Beckman, a précisé que la société « compren[ait] et partage[ait] » les préoccupations exprimées relativement au travail des enfants, y compris le travail forcé, qu’il a décrit comme un phénomène marginal, et ne « tolérait pas » ces pratiques dans sa chaîne d’approvisionnement.

M. Beckman a souligné par ailleurs qu’un mécanisme de surveillance mis en place avec le soutien de l’industrie permettait d’assurer que près de 50 % du cacao acheté par Hershey’s était produit sans recours au travail d’enfants. Le chiffre doit passer à 100 % « d’ici quelques années », a-t-il ajouté.

Une porte-parole de Nestlé, Dana Stambaugh, a déclaré que la société a des politiques « explicites » visant à empêcher le travail des enfants « et demeure imperturbable dans sa détermination à l’éradiquer ». Elle a précisé que la nouvelle poursuite n’aiderait pas à venir à bout de ce problème « complexe » et « global ».

Le secteur tarde à éradiquer le travail à risque

Les assurances des géants du chocolat sont répétées depuis longtemps, mais ne donnent pas les résultats escomptés, relève M. Collingsworth, qui s’irrite notamment du fait que le secteur tarde à faire disparaître le travail à risque pour les enfants 20 ans après qu’il a pris un engagement formel en ce sens.

« Ils ont reporté à trois reprises l’année cible pour y parvenir », relève le militant, qui mène en parallèle une autre poursuite visant Nestlé et Cargill que les entreprises cherchent à faire juger irrecevable par la Cour suprême.

Une étude de l’Université de Chicago paru en octobre estime que 1,56 million d’enfants travaillaient à la production du cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana en 2018-2019. Et que près de 1,5 million d’enfants avaient réalisé des tâches risquées.

« Les chiffres ne baissent pas, ils augmentent », dénonce M. Cunningham, qui espère finir par convaincre les géants industriels du chocolat de hausser substantiellement les sommes payées pour le cacao de manière à améliorer la situation économique des producteurs et à décourager le travail des enfants.

De plus petites firmes engagées dans une approche équitable avec leurs fournisseurs ont montré que l’approche était viable, dit le directeur d’International Rights Advocates.

« Je ne pense pas que les gens seront très choqués de payer quelques cents de plus pour leur chocolat s’ils ont l’assurance qu’aucun enfant n’a été réduit à l’esclavage pour le produire », conclut M. Collingsworth.

jeudi 18 février 2021

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