Le Liban crie famine
AFP

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Dans les supermarchés libanais, les prix ont doublé. Le premier ministre du Liban a lui-même averti d’un risque de famine. La pauvreté touche près de la moitié du pays.

« C’est la période la plus difficile que le Liban traverse, même ceux qui ont connu la guerre civile sont d’accord avec ça », note Lamia Charlebois, Montréalaise originaire du Liban.

La pandémie de COVID-19 est une embûche de plus, même si la situation, à l’origine, a peu à voir avec la crise. Le Liban se démène avec une crise économique et politique depuis plus de sept mois.

Le confinement a forcé les Libanais à mettre un frein aux manifestations entamées en octobre pour dénoncer la corruption et la flambée des prix. Le relâchement des mesures sanitaires à la fin du mois d’avril a mené à de nouveaux heurts.

En faillite, l’État espère maintenant obtenir 10 milliards US du Fonds monétaire international (FMI). « Plusieurs Libanais ont déjà cessé d’acheter de la viande, des fruits et des légumes et pourraient bientôt trouver difficile de se payer du pain », a écrit le premier ministre libanais, Hassan Diab, dans un appel à l’aide publié mercredi dans le Washington Post.

Marie-Joëlle Zahar, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales (CERIUM), rappelle qu’un plan de sauvetage du FMI, actuellement en discussion, pourrait entraîner des changements politiques au Liban. « Le FMI a des conditions assez sévères pour son aide d’urgence, toute la question des privilèges de la classe politique va être remise sur le tapis », estime-t-elle.

Joutes politiques

Le Liban, petit pays voisin de la Syrie et d’Israël, a souvent été le terrain d’une joute politique entre forces étrangères. La crise actuelle vient renforcer la pression sur le gouvernement libanais, non seulement de la part de son peuple, mais aussi à cause des intérêts propres aux acteurs pouvant l’aider.

Les pays riches arabes, comme les Émirats arabes unis, considèrent le Liban comme trop pro-Iran, alors que le Hezbollah a une mainmise sur le gouvernement.

Sami Aoun, spécialiste du Moyen-Orient rattaché à l’Université de Sherbrooke

Le Hezbollah, qui est classé comme une organisation terroriste par de nombreux pays, dont le Canada, est soutenu par l’Iran. Connu à l’étranger principalement pour sa branche armée et sa position anti-Israël, c’est aussi un parti ayant réussi à renforcer son pouvoir politique lors de la formation d’un nouveau gouvernement en décembre. Au fil des ans, il s’est également assuré une présence prédominante dans certaines régions par des activités caritatives.

Redorer l’image

Le Hezbollah a profité de la crise de la COVID-19 pour tenter de redorer son image populaire, mise à mal après les premiers cas de coronavirus répertoriés au Liban, peu après un pèlerinage en Iran – alors fortement touché – auquel ses membres ont pris part. Ambulances, volontaires, tests, respirateurs dans les hôpitaux qu’il administre : le mouvement tente de faire valoir sa lutte contre la COVID-19.

Le Hezbollah s’est aussi retrouvé fragilisée financièrement par les difficultés économiques de l’Iran, après la chute des prix du pétrole, les sanctions et la guerre en Syrie.

« C’est un organisme qui est sensible à sa place politique et à la perception que le public a de lui », commente l’analyste Matthew Levitt, du Washington Institute.

Le pays reste relativement peu touché par la COVID-19, avec 26 morts répertoriées en date de samedi, selon le site Worldometer.

Diaspora

Au-delà des jeux politiques, les Libanais constatent au jour le jour l’étendue de la crise. Plus de la moitié de la population est à risque de ne pas pouvoir s’offrir les articles de base, a prévenu l’ONG Human Rights Watch en avril.

Des Libanais de la diaspora s’organisent pour aider ceux restés au pays, même si des expatriés n’ont plus les moyens d’investir autant, frappés un peu partout par les difficultés économiques liées à la COVID-19.

Un comité formé d’anciens secouristes de la Croix-Rouge libanaise maintenant installés au Canada a mis sur pied un fonds d’aide, à travers la Croix-Rouge canadienne, pour soutenir l’organisme sur place. « C’est complètement apolitique et ça permet de remettre un reçu fiscal ici », explique Christian Rabbat.

Sur sa page Libanais de Montréal – sirop d’arabe, Lamia Charlebois dit constater beaucoup d’entraide, à travers des organismes installés dans son pays d’origine. « La diaspora se bat pour essayer d’aider », résume-t-elle, considérant que c’est ce que la communauté a toujours fait et continuera de faire.

Elle a aussi un souhait : retourner au Liban et serrer sa famille dans ses bras. « Les expatriés et la diaspora vont très souvent au Liban pour voir la famille, mais ils injectent aussi de l’argent dans l’économie locale. Il faut continuer », dit-elle, même si la COVID-19 met encore un frein aux projets de voyage pour l’instant.

Rectificatif

Une version précédente de ce texte mentionnait que Lamia Charlebois résidait au Liban. Elle est plutôt originaire du Liban et demeure à Montréal. Nos excuses.

mardi 26 mai 2020

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