France: tensions et arrestations après le défilé du 14 juillet
AFP

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Des tensions après le défilé du 14 juillet et de nombreuses interpellations ont terni les festivités dimanche sur les Champs-Élysées, également marquées par des sifflets adressés à Emmanuel Macron, qui avait placé l'Europe de la défense à l'honneur de la parade militaire.


Selon un bilan dressé dimanche à 17 h par la préfecture de police de Paris, un total de 175 personnes ont été interpellées dans la capitale où les « gilets jaunes » avaient appelé à manifester.

Des dizaines de manifestants, qui ne portaient par de chasuble fluo, ont occupé dimanche en milieu d'après-midi le haut de l'avenue des Champs-Élysées ouverte au public après le défilé, et ont mis à terre de nombreuses barrières métalliques au milieu de la chaussée. Des poubelles ont été incendiées.

Les forces de l'ordre ont tiré à plusieurs reprises des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, parfois mêlés aux badauds et pour certains les visages dissimulés.

La situation retrouvait un semblant de calme en fin d'après-midi.

C'est la première fois depuis le 16 mars que de tels troubles se produisent sur les Champs-Élysées.

« Ce n'est pas sérieux de se retrouver dans cette situation à cause de quelques dizaines d'individus violents », s'est agacé Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, selon qui les manifestants étaient seulement « autour de 150, 200 personnes » entre gilets jaunes et black blocks.

Ironie de l'histoire : la brasserie Le Fouquet's, qui avait été vandalisée le 16 mars lors d'une manifestation des gilets jaunes, a rouvert ses portes dimanche et a dû être protégée par les forces de l'ordre.

Interpellations

Pour Emmanuel Macron, le défilé avait débuté dans la matinée par de nombreux sifflets venus de la foule au moment d'entamer la descente des Champs-Élysées en voiture de commandement, tandis que d'autres spectateurs applaudissaient.

Parmi la foule s'étaient glissés plusieurs dizaines de manifestants. Trois figures du mouvement entamé le 17 novembre, Eric Drouet, Jérôme Rodrigues et Maxime Nicolle, ont été interpellés et placés en garde en vue, le premier pour « rébellion », les autres pour « organisation d'une manifestation illicite », selon le parquet. Les deux derniers ont été relâchés dans l'après-midi.

« Ceux qui ont voulu empêcher ce défilé devraient avoir un peu honte », a déclaré, avant les incidents, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Interrogé, également avant les incidents, sur les sifflets adressés au chef de l'État, le premier ministre Édouard Philippe a expliqué n'avoir « rien entendu » depuis la tribune présidentielle, et que « l'important est que le défilé se soit bien passé ».

Après la descente, Emmanuel Macron a assisté au spectacle depuis la tribune installée place de la Concorde, en compagnie de plusieurs dirigeants européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel.

Défense européenne

Une dizaine de pays européens partenaires de l'armée française étaient conviés pour ce défilé 2019. Face au Brexit et au relâchement des liens transatlantiques sous l'ère Trump, Emmanuel Macron a fait de l'Europe de la défense l'un de ses thèmes de prédilection, jugeant crucial pour le vieux continent d'accroître son autonomie stratégique, en complément de l'OTAN.

Outre la chancelière allemande, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, figuraient parmi les 11 invités européens du président français. Ils ont ensuite participé à un rapide déjeuner à l'Élysée.

L'ensemble du gouvernement a également assisté au défilé. Le ministre de la Transition écologique François de Rugy, en proie à une polémique à rebondissements sur des dîners fastueux et des travaux, s'est entretenu tout sourire avec Brigitte Macron.

« Humain volant »

Devant la foule massée au coeur de la capitale, le champion du monde de jet-ski français Franky Zapata a offert un époustouflant spectacle futuriste en volant debout, fusil en main, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus des Champs-Élysées sur son « Flyboard », un engin de son invention.

Le défilé s'est achevé sur un émouvant tableau composé de blessés des armées françaises, actuellement engagées sur de multiples théâtres, du Moyen-Orient au Sahel.

Le président français et la chancelière allemande ont quitté la tribune pour échanger avec eux. Le couple Macron s'est ensuite entretenu avec les familles des militaires morts ou blessés au combat.

Auparavant, le défilé à pied avait débuté avec les emblèmes des dix pays participant à l'Initiative européenne d'intervention (IEI) - née il y a un an sous l'impulsion du président Macron : France, Belgique, Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Estonie, Espagne, Portugal et Finlande.

Le défilé aérien, ouvert par l'emblématique panache de fumigènes bleu-blanc-rouge de la Patrouille de France, intégrait notamment un avion de transport A400M allemand, un C130 espagnol, ainsi que deux hélicoptères lourds Chinook britanniques, un modèle déployé par Londres au Mali.

Au total, quelque 4300 militaires, 196 véhicules, 237 chevaux, 69 avions et 39 hélicoptères ont été mobilisés.


lundi 15 juillet 2019

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