Des milliers de migrants sur le point d'être expulsés des États-Unis
Reuters

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Tout semble en place pour que les agents d'immigration américains lancent dès demain des raids dans neuf grandes villes du pays pour arrêter, en vue de les expulser, plus de 2000 familles de migrants. La résistance, elle, se prépare. Le tour des enjeux.


Deuxième départ

Hier, le président américain Donald Trump a confirmé que les agents chargés de faire respecter les lois d'immigration américaines, connus sous le nom d'« agents de l'ICE », avaient reçu l'ordre d'arrêter et d'expulser du pays à partir de demain des milliers de migrants sans papiers qui sont visés par des ordres d'expulsion lancés cet hiver. La plupart des personnes visées sont arrivées au pays en 2018. « Ils sont venus illégalement, nous les renvoyons légalement », a dit un Donald Trump qui suait à grosses gouttes hier lors d'une conférence de presse diffusée en direct. C'est la deuxième fois qu'une telle opération est annoncée en un mois. Le 17 juin, le président a lui-même écrit sur Twitter que les agents de l'ICE s'apprêtaient à « expulser des millions de personnes », mais cette première opération, qui devait avoir lieu le 21 juin, a été reportée.

Villes visées

Selon des sources du département de la Sécurité intérieure (Homeland Security) citées par des médias américains, neuf grandes villes américaines seront le théâtre des raids annoncés. Los Angeles et San Francisco en Californie, Denver au Colorado, Houston au Texas, Atlanta en Géorgie, Miami en Floride, Baltimore au Maryland, Chicago en Illinois ainsi que New York dans l'État de New York composent cette première liste. Sept de ces villes appartiennent au club des villes refuges. Chercheuse en résidence à l'Observatoire sur les États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand de l'Université du Québec à Montréal, Andréanne Bissonnette note que le statut de ces villes ne freinera pas l'intervention des agents de l'ICE. Si les forces de police municipale de ces villes refusent de dénoncer les immigrants en situation irrégulière, les agents fédéraux ont néanmoins le droit d'y intervenir en tout temps, fait valoir l'experte. La Nouvelle-Orléans, qui est aux prises avec des inondations, a été retirée de la liste des villes visées.

« Crise » à la frontière

De l'aveu même de l'administration Trump, un des principaux objectifs des raids est de dissuader d'autres familles originaires principalement de l'Amérique centrale, où la violence liée aux gangs criminels fait des ravages, de faire le voyage jusqu'à la frontière séparant le Mexique des États-Unis. Depuis le printemps, malgré la rhétorique du président américain, des centaines de milliers de personnes ont franchi la frontière, dont 100 000 en juin et 128 000 en mai. Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis considère que la situation est « critique » dans les centres de détention de migrants « fortement surpeuplés » de la vallée du Rio Grande, au Texas.

Familles séparées

Présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi hier a affirmé que les raids planifiés par l'administration Trump pourraient avoir des effets désastreux sur le plan humain. « Cette action brutale va terroriser les enfants et déchirer les familles », a dit hier Mme Pelosi en notant que de nombreux enfants, possédant un statut migratoire différent de celui de leurs parents, pourraient être séparés d'eux. Son intervention survient alors que de nouveaux rapports dressent un bilan désastreux des politiques migratoires de l'administration Trump, notamment à l'égard des familles arrivées à la frontière au printemps dernier. Plus de 2700 enfants migrants ont alors été séparés de leurs parents, dont 18 bambins de moins de 2 ans. Plus d'un an après l'abandon de cette politique, 30 enfants n'ont toujours pas retrouvé leur famille. « Les familles qui sont visées par les raids sont les mêmes qui ont vécu la séparation l'été passé », note Andréanne Bissonnette.

Une poursuite comme prévention

Plus grande organisation de défense des droits civils aux États-Unis, l'American Civil Liberties Union (ACLU) a lancé une poursuite dans un tribunal de New York contre le gouvernement américain en amont des raids annoncés. « L'administration Trump veut arrêter et expulser des milliers de familles de l'Amérique centrale ainsi que des enfants sans leur accorder d'apparaître devant une cour comme ils y ont droit, ce qui est illégal et inconstitutionnel », a affirmé Ahilan Arulanantham, de la section sud-californienne de l'ACLU. Depuis l'élection de Trump, l'ACLU a combattu maintes fois les décisions du locataire du bureau Ovale devant les tribunaux.

Deux semaines de préparation

Directrice des questions législatives au Centre national pour le droit de l'immigration (NILC), Avideh Moussavian note que plusieurs organisations de la société civile ont travaillé d'arrache-pied au cours des dernières semaines pour disséminer un maximum d'information sur les droits des migrants afin d'aider les personnes visées par les raids à se préparer. « On veut informer, mais sans créer d'effet de panique. Beaucoup de gens sont sur un pied d'alerte en ce moment », a dit à La Presse Mme Moussavian, jointe à Washington hier.

Rassemblements et manifestations

Des activités de soutien aux migrants se dérouleront dans les grands centres urbains américains tout au long du week-end. Des rassemblements ont eu lieu hier devant des centres d'immigration où sont détenus des migrants. « Tout le week-end, il y aura une série de manifestations et d'actions coordonnées dans tout le pays et nous pensons que beaucoup de gens s'y joindront », a noté hier Mme Moussavian. Des manifestations doivent notamment avoir lieu aujourd'hui à Chicago et à Miami.

La frontière canadienne

Et qu'en est-il de la frontière canadienne ? Des migrants craignant l'expulsion des États-Unis tenteront-ils leur chance au nord en empruntant notamment le chemin Roxham en Montérégie ? Spécialiste de la migration, Andréanne Bissonnette en doute. « Les gens qui sont visés par les rafles annoncées ne sont pas aux États-Unis depuis longtemps. Je crois qu'ils auront plus tendance à limiter leurs déplacements, à faire leurs provisions et à rester chez eux », dit Mme Bissonnette. Beaucoup de migrants ont appris dans les dernières semaines que les agents de l'ICE n'avaient pas le droit de défoncer une porte pour arrêter les personnes recherchées.

samedi 13 juillet 2019

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