Sans Trump, les dirigeants du continent américain réunis à Lima
AFP

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Préoccupés par les scandales de corruption et la tension politique au Venezuela, une quinzaine de pays se réunissent vendredi et samedi à Lima pour le Sommet des Amériques, en l'absence, pour la première fois depuis sa création, du président des États-Unis.

Le choix du Pérou comme pays-hôte de cette réunion ne pouvait pas illustrer mieux les maux actuels de l'Amérique latine: son président Pedro Pablo Kuczynski a récemment démissionné en raison de ses liens avec le géant de la construction Odebrecht, qui avait tissé un réseau de corruption dans toute la région.

Et c'est ici qu'est né le groupe de Lima, alliance de 14 pays d'Amérique qui fait pression depuis plusieurs mois sur Caracas pour dénoncer les dérives autoritaires du gouvernement de Nicolas Maduro, tout comme le fait le président américain Donald Trump.

La capitale péruvienne aurait pu permettre une rencontre inédite entre les deux dirigeants, qui ne cessent de s'invectiver à distance depuis des mois, mais celle-ci n'aura pas lieu: M. Maduro s'est vu retirer son invitation et M. Trump a finalement choisi de rester à Washington "pour superviser la réponse américaine à la Syrie", selon la Maison Blanche.

Le Venezuela devrait toutefois rester au coeur des discussions à Lima, ce que souhaite l'opposition: "La crise vénézuélienne doit être à l'agenda du Sommet des Amériques", a plaidé l'un de ses dirigeants, l'ex-maire de Caracas Antonio Ledezma, qui a fui en Espagne alors qu'il était assigné à résidence dans son pays.

"Ce n'est pas une faveur que nous demandons pour le Venezuela, il s'agit d'un problème du continent" dans son ensemble, a-t-il argumenté face à la communauté vénézuélienne à Lima.

Deux manifestations, l'une pour M. Maduro, l'autre contre lui, ont eu lieu jeudi dans la capitale péruvienne.

Un millier de personnes se sont rassemblées dans le centre de Lima pour exprimer leur soutien au président Maduro. A un kilomètre de là, quelque 3.000 Vénézuéliens résidant au Pérou, menés par Antonio Ledezma, manifestaient contre lui. "A bas Maduro", "Maduro dictateur", déclaraient des pancartes brandies par des participants.

Lassés de la violente crise politique, économique et sociale qui secoue le pays, de nombreux habitants ont préféré l'exode: selon les services migratoires péruviens, en janvier ils étaient 100.000 à avoir choisi de s'installer au Pérou.

Dans une région qui a viré à droite ces dernières années, un front commun contre Nicolas Maduro pourrait voir le jour afin, notamment, de ne pas reconnaître le résultat du scrutin présidentiel anticipé du 20 mai prochain.

- "Culture d'intégrité" -

Autre sujet d'inquiétude dans la région et thème officiel du Sommet: la corruption, au moment où les scandales éclaboussent plusieurs dirigeants outre M. Kuczynski.

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, condamné à 12 ans de réclusion, est ainsi en prison depuis samedi, et l'ancien vice-président équatorien Jorge Glas est derrière les barreaux dans ce même dossier Odebrecht.

Au pouvoir depuis seulement trois semaines, le président péruvien Martin Vizcarra a appelé jeudi, lors d'une réunion de chefs d'entreprises en amont du Sommet, à "faire face de manière décisive au problème de la corruption, en promouvant une culture d'intégrité dans notre région".

"La croissance économique durable ne peut survenir sans cadre institutionnel", a-t-il prévenu, exigeant la fin du versement de pots-de-vin et de "l'attribution de chantiers publics aux candidats inadéquats".

A Lima, Donald Trump sera représenté par le vice-président américain Mike Pence ainsi que par sa fille et conseillère Ivanka, qui présentera une initiative pour donner plus de pouvoir économique aux femmes latino-américaines.

Son absence, la première d'un président américain à ce conclave régional lancé par Bill Clinton en 1994, est vécue comme un véritable camouflet en Amérique latine, longtemps vue comme l'arrière-cour des États-Unis.

"Pour Trump, l'Amérique latine, sauf éventuellement le Mexique, est au niveau de son vice-président", observe Kevin Casas, ancien vice-président du Costa Rica, désormais directeur de la société de consultants Analitica Consultores.

"C'est un message que nous soupçonnions tous plus ou moins, maintenant ça ne peut pas être plus clair et c'est comme ça que va le voir la région. Et la Chine aussi".

Symbole de l'influence grandissante de l'Asie dans cette partie du monde: la signature en mars par onze pays des deux rives du Pacifique de l'accord de libre-échange transpacifique (TPP), donné pour mort il y a un an après le retrait des États-Unis.

Pendant ce temps, les tensions entre M. Trump et l'Amérique latine, où il ne s'est toujours pas rendu depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, sont croissantes, notamment avec le Mexique, dont il critique l'afflux migratoire et l'accord de libre-échange (Alena, avec aussi le Canada) en vigueur depuis 1994.

vendredi 13 avril 2018

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