UNE NOUVELLE CHRONIQUEUSE POUR « AFRICA MBOLO - BONJOUR L’AFRIQUE » SUR RADIO SUD BESANCON Sheba et les secrets de la Marmite de Mama Ntsama
par François Zo’omevele Effa

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Depuis six mois déjà, elle tient une chronique bimensuelle de trente minutes : «Les secrets de la Marmite de Mama Ntsama ».

Quand on lui demande qui elle est, elle répond, avec une certaine réserve, qu’elle s’appelle Marie-Bernard Patricia Ngongo Ntsama, qu’elle est une jeune femme de trente-cinq ans, originaire de Mvengue dans le Sud Cameroun. Cette unique fille d’une fratrie de huit enfants a été et est toujours choyée par les siens. Curieuse de nature, elle s’intéresse beaucoup à la lecture, à l’évolution de la mode, aux voyages, au jardinage et aux arts martiaux mais, surtout, à la musique et à la cuisine, qui sont les passions rythmant sa vie. Nous l’avons rencontrée.

Quel est votre rôle dans l’émission de radio « Africa Mbolo » ?

C’est une chronique d’une trentaine de minutes dans laquelle je parle d’abord de la pluie, du beau temps et des petits potins de Yaoundé. Ensuite, je parle d’une plante, d’une épice, d’une tubercule, d’une viande ou d’un poisson de chez nous. J’en parle au niveau de ses origines, de son histoire, de ses valeurs nutritives, parfois thérapeutiques, et des différentes façons de la cuisiner. Puis, je donne une des recettes typiques du terroir afin que les auditeurs puissent, en Afrique ou en Europe, la réaliser. Ah ! j’oubliais ! Le réalisateur tient absolument à ce que je finisse ma rubrique par un proverbe dans une langue locale, en lien avec la recette du jour ou le met. Proverbe que je traduis souvent sommairement.

Cette rubrique me permet de faire beaucoup de recherches, tant sur la toile que dans les secrets de nos mamans, sur les différentes utilisations de nos plantes et épices.

D’où vient votre passion de la cuisine ?

Je suis tombée dans la cuisine depuis ma tendre enfance. Maman Sita, notre maman, recevait beaucoup. Il y avait toujours des invités à la maison, elle était aussi tout le temps chargée de l’organisation des réceptions dans la famille, à son travail et surtout à l’église. Nous, tous les enfants, étions ses commis de cuisine. Elle nous dirigeait d’une main de maître. Gare à qui brûlait ou salait trop un plat ! C’est ainsi que j’ai appris d’elle et que je l’ai naturellement remplacée à la gestion des cuisines de la maison et de certaines réceptions.

Il faut dire que mes parents me voyaient médecin, mais moi, je rêvais d’opéra et de chant lyrique (j’ai même participé à quelques concours avec brio !). Après le décès de mes parents, j’ai décidé, en 2004, de travailler : gérante d’un institut de beauté, puis dans le marketing… Mais, même si j’excellais dans ce métier, je ne supportais pas d’être sous les ordres de quelqu’un. Je n’étais heureuse qu’en cuisine. Aussi, j’ai décidé d’en faire, avec la musique, mon second métier. D’où mon concept de « La Marmite de Mama Ntsama ».

En quoi consiste cette « Marmite de Mama Ntsama » ?

Je chante dans une chorale et dans un orchestre. Lors d’une fête d’anniversaire de la chorale, nous avions au menu de la viande de vipère (plat d’honneur très prisé chez nous). Cependant, aucune des filles ne savait et n’osait l’accommoder. Il faut dire que, de son vivant, mon père en raffolait mais maman n’y touchait pas à cause des interdits de sa tribu ; alors, c’est à moi que revenait la charge de cuisiner cette vipère. Et, ce jour-là à la chorale, tout le monde a été surpris qu’une jeune fille comme moi sache apprêter un plat qui n’était réservé qu’aux femmes d’un certain âge. C’est alors qu’on a commencé à faire appel à moi pour des commandes de nos plats traditionnels. Ce qui m’a renforcée dans l’idée qu’avant de faire de la cuisine d’ailleurs revisitée, il nous fallait déjà connaître les classiques de la nôtre. Cela m’enrichit.

Je fais de la cuisine du village, à la façon de nos grands-mères, pour remettre au goût du jour des recettes oubliées. C’est le concept de la Marmite de Mama Ntsama. Ici, à Yaoundé, je suis traiteuse pour des évènements locaux, mariages, baptêmes, deuils, etc.

Avez-vous des plats préférés ?

Vous me posez une colle ! Vous demandez à une gourmande patentée comme moi ce qu’elle aime en cuisine ! En fait, j’aime beaucoup le « erou and water fufu », plat emblématique du Sud-Ouest, le « kondré », le « sangah », le « domba » de porc, et tout ce qui est chenilles, termites, « foss », criquets… Je suis une grande curieuse, et même si certains pensent que c’est un vilain défaut, cela m’a permis de découvrir de nouvelles choses, d’apprendre l’histoire de nos recettes et de nos plats, leur évolution et leurs variantes qui me fascinent beaucoup.

Je ne pense pas qu’il y ait une cuisine meilleure qu’une autre, elles sont juste différentes et complémentaires. Le continent africain est riche, tellement riche dans ce domaine ! Déguster au Nigéria un plat d’ « egoussi », mettre au point un bon coq au vin, s’asseoir devant une bonne marmite de « zom », de « saka saka » succulent, ou d’un tagine bien épicé, voilà toutes les richesses qui font le bonheur de nos papilles, de nos gosiers et de nos estomacs et que j’ai le plaisir de partager avec les auditeurs de Radio Sud Besançon.

Contact : robinepat@gmail.com
T. 00 237 674 854 825

François Zo’omevele Effa

vendredi 22 septembre 2017

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Par REMY le 23/09/2017
Ca me donne faim...


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