Plaidoyer pour la jeunesse camerounaise
par Michel Lobé Etamé

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Le sujet reste tabou. Mais tout le monde s’interroge sur le futur du Cameroun. La succession est ouverte car Paul Biya a atteint un âge où le repos lui sera recommandé par tous les praticiens éminemment professionnels dans l’exercice de leur métier. L’heure de la jeunesse a sonné.

Le départ de Paul Biya ne s’impose pas seulement pour son âge. Il répond à une nouvelle dynamique de développement qui fait appel à des têtes jeunes, révoltées, insoumises et ambitieuses pour un pays en délitement depuis des années. Ne nous voilons pas la face. Le régime en place n’est pas capable d’atteindre l’émergence en 2035. Il n’a ni la volonté, ni les moyens, mais encore moins les capacités dans un contexte où le clientélisme et les luttent tribales minent le pays depuis des décennies.

Les premiers présidents en Afrique avaient pris le risque de désigner leurs dauphins. Ceux-ci se sont empressés de tordre le coup à leurs géniteurs. Cette époque est révolue. Nous avons vu des présidents en exercice balayés dans les urnes et sans ménagement. Le vent de la démocratie a piégé ceux qui se croyaient indéboulonnables. Le peuple a tranché. Le Sénégal, le Ghana ou le Bénin peuvent en témoigner. La présidence à vie est révolue et ceux qui s’excitent à y résister sont d’avance condamnés. Le temps joue pour la jeunesse et l’alternance. Le Cameroun ne peut y échapper.

L’équipe actuelle ne changera pas de cap. Elle est rompue aux « techniques » de la corruption et du mensonge permanents. Si elle a réussi jusqu’ici à étouffer les contestations, elle a du mal aujourd’hui à neutraliser les oppositions et à briser les consciences qui osent encore rappeler que le Cameroun appartient à tous ses enfants et non à une clique de vautours.

Les dirigeants actuels ne tiendront pas leurs engagements à l’émergence. La corruption généralisée et organisée, ajoutée au vol systématique des deniers publics ne permettent pas une croissance inclusive et des structures économiques et sociales qui transformeraient le pays. Ce système a produit de nouveaux riches qui affichent, de manière ostentatoire, leurs richesses. Ils ne sont pas disposés à supporter la transition politique et n’investissent pas dans le pays. Leurs fortunes gisent dans les paradis fiscaux et alimentent les banques en Occident.

Pour un véritable changement de cap, il est illusoire de penser que la stratosphère politique attend une passation de pouvoir entre Paul Biya et un éventuel dauphin. Ce transfert de pouvoir pacifique n’aura jamais lieu. L’équipe en place maintient au pouvoir un Paul Biya diminué. Les enseignements de sa relation houleuse avec Ahmadou Ahidjo en disent long sur un climat délétère et suspicieux. Beaucoup de sang a coulé et les camerounais ne souhaite plus une transition choisie ou imposée par l’extérieur. Ils ne souhaitent pas non plus une transition ethnique ou un partage de pouvoir entre le Nord et le Sud. Ils veulent un camerounais au-dessus des considérations arbitraires.

Place aux jeunes

Le monde évolue à une vitesse supersonique. Les nouvelles technologies changent notre mode de vie en créant de nouveaux besoins, de nouveaux métiers et surtout, elles transforment littéralement la société. Les dirigeants actuels ne peuvent s’adapter au nouveau monde. Ils ne sont pas préparés à ce changement. Pour ne pas rater le coche, faisons place aux jeunes pour porter la révolution digitale qui va transformer l’Afrique. C’est bien là l’enjeu de ce siècle qui commence à peine.

Nous devons faire table rase du règne sans partage de Paul Biya. La place est aujourd’hui à la jeunesse. Une jeunesse qui n’a pas à obéir aux injonctions des « tuteurs de l’ombre ». Cette jeunesse est prête à apporter des évolutions sociétales dans un contexte miné par des comportements condamnables et des mœurs fragilisées.

Le Cameroun n’est pas une poudrière en sommeil comme on peut le penser. Loin s’en faut. Les femmes et les hommes de ce pays vont hériter d’un pays hyper endettés et d’un très lourd passif en termes de mœurs. Les dirigeants actuels ont conscience de l’endettement qu’ils cèderont aux nouvelles générations. Ils sont tout simplement irresponsables car ils n’auront de comptes à rendre à personnes au fond de leur trou. Ils n’ont pas su moraliser la vie publique où la violence des forces de l’ordre et de la délinquance ont créé un climat de terreur permanente.

Ce lourd passif va sans doute refroidir les nouvelles équipes. Mais ce pays est si riche de ses femmes et de ses hommes pour bâtir une nation solide où le tribalisme et le népotisme n’auront plus leur place.

Un autre Cameroun est possible. Un Cameroun dynamique où l’appartenance à une ethnie ne sera plus un signe distinctif ou un passe-droit. Un Cameroun où la justice rendra le droit, rien que le droit. Un Cameroun où la jeunesse travaille après des études brillantes et laborieuses dans un cadre attractif pour mettre un terme à l’exode forcé de la jeunesse.


Par Michel Lobé Etamé
Journaliste
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vendredi 7 juillet 2017

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